Chicago, 1992.


Les halos des gyrophares brouillés par la pluie reluisent sur les trottoirs de North Avenue. Les bagnoles de flics s’engouffrent sous les rails suspendus où crissent les essieux du El, crachant des gerbes scintillantes. Leurs pneus cognent au garde-boue lorsqu’elles s’enfoncent dans les roues souterraines au Loop. L’écho des sirènes des deux Ford bleue et blanche rebondit contre les immeubles art-déco du quartier financier. Le cri des Ford lumineuses reprend lorsqu’elles ressortent en dérapant sur le béton mouillé des quais de la Chicago River, le long des zones désindustrialisées du Low West Side.

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Elles s’enfoncent dans les quartiers des maisons victoriennes pour rejoindre une armée de policiers armés de boucliers transparents. La pluie bat contre la visière de leurs casques. Un cocktail molotov explose à leurs pieds. Les flics chargent dans la foule : quelques centaines de latinos les invectivent en espagnol, se font claqué la tête contre le béton mouillé. Les autres se font encercler.

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Trois rues plus loin, Salazar lâche les vénitiennes qu’il écarte pour observer la scène depuis sa fenêtre. Il tend sa bouteille à Linda. Vassili refuse d’un mouvement de tête, faisant tourner sa vodka dans sa propre bouteille. Ensemble, ils attendent un signe de Walt “Le Grizzly” Barowski, le boss local de la mafia polonaise qui leur a arrangé leur dernier coup. Un échec. Ce braquage à la New Orleans a tout du coup qui a merdé : des flics alertés trop tôt, une course-poursuite à travers quatre états, deux des autres partenaires disparus, dont un blessé. Et cerise sur le gateau : trois kilos de cocaïne remplaçaient les diamants attendus.

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Le dernier survivant ne réapparait pas. Le Grizzly se fait attendre. La tempête se lève. Les survivants du braquage attendent dans leur planque, Chicago est inondée par une averse interminable. Une question en suspens : que s’est-il passé ?

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